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Mardi 15 février 2005 2 15 /02 /2005 00:00

L’AIDE MEDICALE URGENTE EN FRANCE

 

Depuis plus de trente ans, la France a fait le choix d'une doctrine unique visant à assurer la médicalisation précoce des urgences sur les lieux de la détresse. L'application de cette doctrine a conduit à définir l'organisation de l'aide médicale urgente autour des SAMU qui constituent des services hospitaliers chargés de la réception et du traitement médical des appels d'urgences (régulation médicale).

 

DES MISSIONS SPECIFIQUES

 

La vocation des SAMU est de répondre aux situations d'urgence par des moyens médicaux. Pour cela, leurs missions sont :

1 - d'assurer une écoute médicale permanente

2 - de déterminer et déclencher dans le délai le plus rapide, la réponse la mieux adaptée à la nature des appels reçus

3 - d'organiser le transport du patient

4 - de préparer l'accueil hospitalier du patient.

 

UN RESEAU COUVRANT TOUT LE TERRITOIRE

 

Pour assurer ces missions, un réseau de professionnels et d'établissements a été constitué à partir du SAMU implanté dans l'établissement hospitalier le plus important du département.

Actuellement, on dénombre 105 SAMU pour 100 départements (5 départements disposent de 2 SAMU), soit au moins un SAMU par département, assurant ainsi un maillage complet du territoire. Les SAMU sont dotés d'un Centre 15 qui permet de mieux impliquer les médecins libéraux dans la régulation médicale et dans la prise en charge des urgences. Ce centre propose à la population un accès facile au médecin régulateur, libéral ou hospitalier, par l'utilisation d'un numéro à 2 chiffres, mémorisable sans difficulté et gratuit pour l'appelant, le n° 15.

Les SAMU travaillent en collaboration permanente avec les services d'incendie et de secours avec lesquels ils disposent d'interconnexions téléphoniques (entre les n° 15 et 18) et radio (réseau secours et soins d'urgence - réseau SSU).

 

UNE REPONSE GRADUEE A L'URGENCE

 

L'appel au n° 15 met le demandeur en contact avec le permanencier du SAMU du département d'où émane l'appel. Son rôle est, après avoir relevé les coordonnées de l'appelant, de passer la communication au médecin régulateur libéral s'il s'agit de demandes relevant de la compétence de celui-ci, ou vers le médecin régulateur hospitalier s'il s'agit d'urgence grave nécessitant, a priori, l'intervention de moyens lourds hospitaliers (SMUR).

A partir du dialogue avec l'appelant, le médecin régulateur détermine le degré d'urgence de l'appel et propose une réponse médicale adaptée. Il peut s'agir selon le cas d'un conseil médical, de l'envoi du médecin de garde auprès du patient, de l'envoi d'une ambulance privée en vue d'un transport non médicalisé vers un établissement hospitalier, de l'envoi d'un VSAB (véhicule de secours aux asphyxiés et blessés) des sapeurs-pompiers, ou dans les cas les plus graves, de l'envoi d'une unité mobile hospitalière médicalisée par une équipe hospitalière d'un SMUR (service mobile d'urgence et de réanimation). Le SMUR peut provenir du même établissement que le SAMU, ou d'un autre établissement plus proche du lieu de la détresse.

Il existe au total 350 SMUR, soit en moyenne 3 à 4 SMUR par département. Les SMUR d'un même département sont coordonnés par le SAMU départemental.

Tout au long de l'intervention, le médecin régulateur du SAMU s'assure du bon déroulement de l'opération, envoie éventuellement des renforts sur la base des informations qui lui sont communiquées et prépare l'orientation et l'accueil hospitalier des patients.

 

UNE ACTIVITE EN CONSTANTE AUGMENTATION

 

Les centres 15 du SAMU traitent actuellement 10 millions d'appels par an, ce qui correspond à 4,5 millions de cas médicaux et se traduit par 650 000 sorties annuelles de SMUR. 80 % sont des sorties primaires (vers le domicile des patients ou vers les voies ou lieux publics) et 20 % sont des transports secondaires (transports médicalisés d'urgence entre deux établissements hospitaliers).

Globalement, l'activité des SAMU (nombre de cas médicaux, nombre d'appels) a augmenté au cours des dernières années à un rythme de l'ordre de + 10 % par an. Dans le même temps, le nombre d'interventions lourdes (celles des SMUR) est resté sensiblement constant, oscillant entre 600 000 et 650 000 sorties annuelles dont 20 000 interventions héliportées réalisées pour 13 000 d'entre elles par des hélicoptères des SAMU. On dénombre 37 hélicoptères de SAMU, dont 24 hélicoptères permanents basés au sein des hôpitaux et 13 hélicoptères utilisés de façon saisonnière.

10 millions d'appels pour 4,5 millions de cas médicaux

 ORIGINE DES CAS MEDICAUX

 Particuliers

57 %

Pompiers

27 %

Hôpitaux

5%

Médecins
libéraux
5 %

Autres (police, ambulances...)
6 %

 

 SAMU/CENTRE 15

 

 Conseil médical

28 %

Visite d'un médecin libéral
22 %

Ambulances privées
8%

Envoi d'un VSAB pompiers
24 %

Envoi d'un SMUR

15 %

 TYPES DE REPONSES APPORTEES

 

DES MOYENS DISPONIBLES POUR LES CRISES MAJEURES

 

Les SAMU et les SMUR constituent un élément essentiel à la disposition des préfets (plans ORSEC, plans rouges, plans blancs) pour assurer la prise en charge médicale lors des catastrophes et accidents majeurs, ou la couverture médicale préventive des grands rassemblements du fait de :

- leur fonctionnement en réseau

- la formation des équipes qui les animent

- leur pratique quotidienne de la prise en charge pré-hospitalière des urgences

- l'interface qu'ils assurent avec l'hôpital et avec la médecine libérale

- des moyens spécifiques dont ils disposent (réseaux de radiocommunication, lots catastrophe, véhicules PC dans certains cas, PSM...)

- leur collaboration constante avec les services d'incendie et de secours.

Avec la récente mise en place des cellules d'urgence médico-psychologique, les SAMU disposent désormais d'un moyen complémentaire qu'ils pourront déclencher à l'occasion d'accidents collectifs.

 

LA MEDECINE DE CATASTROPHE ET LES POSTES SANITAIRES MOBILES

 

La médecine de catastrophe française, de renommée mondiale, s’appuie sur une doctrine nationale et bénéficie, au plan matériel, du réseau des postes sanitaires mobiles (PSM). Le ministère chargé de la santé pilote un programme de défense sanitaire civile consistant à mettre en place des postes sanitaires mobiles en des points clés du réseau des SAMU/SMUR. Les PSM ont pour vocation de renforcer, en situation d’exception, et dans des délais très courts, le potentiel d’intervention des services hospitaliers les plus sollicités, au sein même des établissements ou sur le terrain pré-hospitalier. Chaque PSM rassemble des produits et du matériel sanitaires, habituellement utilisés en aide médicale urgente, ainsi que des éléments logistiques. Le dispositif national comporte deux niveaux d’intervention :

 

Le poste sanitaire mobile de premier niveau (PSM1)

Il est conçu pour la prise en charge de 25 blessés graves (urgences absolues) sur n’importe quel type de terrain, dans les conditions de fonctionnement d’un poste médical avancé. La dotation médicale, ou lot médical polyvalent, comprend 400 kg de produits pharmaceutiques et de matériel médico-chirurgical, répartis dans 10 conteneurs. Elle est complétée par des équipements logistiques (une remorque, une tente gonflable dotée de moyens d’éclairage et de chauffage, un groupe électrogène mobile, un lot de brancards et de couvertures).

 

Le poste sanitaire mobile de deuxième niveau (PSM2)

Il est conçu pour assurer les soins réanimatoires classiques pour 500 victimes pendant au moins 24 heures et pour permettre, en tant que de besoin, de faire face à une rupture brutale des circuits d’approvisionnement en produits pharmaceutiques d’urgence. La dotation médicale comprend plus de 200 références pharmaceutiques et des lots très importants de matériel médicochirurgical (environ 8 tonnes – 150 conteneurs). Les équipements logistiques sont les mêmes que ceux du PSM1 mais comprennent en plus un réseau tactique de radiocommunication et un logiciel informatique de gestion. Le PSM2 est conditionné de façon modulaire (4 lots polyvalents, 2 lots de base) et peut ainsi se fractionner pour une utilisation adaptée aux besoins.

 

Les établissements dépositaires et gestionnaires d’un PSM sont des hôpitaux sièges de SAMU/SMUR. Les pharmaciens de ces établissements assurent la maintenance des produits consommables, les médecins et infirmiers du SAMU mettent en oeuvre le dispositif. L'ensemble des éléments le constituant est regroupé, au sein de l'établissement, en un lieu unique, accessible 24 heures sur 24.

21 PSM2 et 42 PSM1, comprenant au moins la dotation médicale et la remorque, sont actuellement répartis sur le territoire national.

 

LES URGENCES MEDICO-PSYCHOLOGIQUES

 

Afin de doter la France d'une véritable organisation adaptée qui permette de répondre sur l'ensemble du territoire aux blessures psychologiques provoquées par des attentats, des catastrophes ou accidents collectifs, un réseau national de l'urgence médico-psychologique a été mis en place, à titre expérimental, par une circulaire DH/DGS du 28 mai 1997.

 

Le réseau repose sur une architecture à trois étages (national, interrégional et départemental):

 

1) Un comité national de l'urgence médico-psychologique, placé auprès du secrétaire d'Etat à la santé coordonne et anime le réseau.

 

2) A l'échelon interrégional, le réseau repose sur 7 cellules permanentes, rattachées aux SAMU de Marseille, Toulouse, Nantes, Lille, Lyon, Nancy et Paris, toutes composées d'un(e) psychiatre, d'un(e) psychologue et d'un(e) secrétaire.

Les cellules permanentes ont pour mission :

- la centralisation des listes de volontaires

- l’envoi éventuel en renfort, sur demande du SAMU du département concerné, d'équipes de professionnels d'autres départements de la région ou de l'inter-région.

 

3) Dans chaque département non pourvu d'une cellule permanente au titre de l’échelon interrégional, un psychiatre référent est nommé par le préfet et rattaché au SAMU.

Les psychiatres coordonnateurs des 7 cellules permanentes et les psychiatres référents départementaux ont trois missions principales : constituer une liste départementale de professionnels de santé volontaires (psychiatres, psychologues et infirmiers), définir un schéma type d'intervention et organiser les formations spécifiques des différents intervenants dans le département.

En cas de catastrophe majeure ou lorsque qu'il le juge utile en fonction de la gravité de la situation, le préfet demande au médecin responsable du SAMU de mobiliser les équipes constituées. Dans tous les cas, l'intervention des volontaires est déclenchée par le SAMU du département.

Dans le cadre de la Coupe du monde de football, une équipe de renfort national sera mise en place. En cas d'événement d'une particulière gravité, d'ampleur nationale, elle aura à intervenir sur les lieux de la catastrophe, en renfort des équipes départementales et interrégionales qui ne suffiraient pas à faire face à l'événement. L'équipe de renfort national, rattachée en termes opérationnels au comité national de l'urgence médico-psychologique, devra être composée de deux psychiatres, deux psychologues et deux infirmiers spécialisés en psychiatrie. Ces personnels seront d'astreinte pendant toute la durée de la Coupe du monde de football.

 

LA PREVENTION DES COUPS DE CHALEUR

 

     Les coups de chaleur peuvent constituer un problème de santé publique, et peuvent être prévenus.

      L'impact de la chaleur sur la santé est lié au niveau d'humidité de l'air.

     Ainsi pour une température enregistrée de 29 ° C, la température ressentie sera de 26° C pour une humidité nulle, mais elle sera ressentie comme une chaleur de 40 ° C pour une humidité de 95 %.

     La symptomatologie clinique liée à une exposition à la chaleur se classe en trois niveaux:

- niveau 1 : crampes musculaires prédominant dans les jambes

- niveau 2 : syncope passagère liée à une chute de la pression artérielle

- niveau 3 : troubles de la régulation thermique, fièvre de plus de 40 ° C, léthargie, confusion, coma et décès sans intervention en urgence.

Lorsqu'une vague de chaleur persiste, on observe des épuisements, liés à des déséquilibres électrolytiques qui se traduisent par des étourdissements, de la fatigue et une élévation modérée de la température corporelle. Les très jeunes enfants et les personnes âgées sont les plus exposés. L'exercice physique, l'ingestion d'alcool, la prise de diurétiques ou de tranquillisants sont des facteurs qui favorisent la survenue de troubles. Lors de rassemblements, le risque chez les participants peut être accru en raison de longs déplacements à pied, d'attente lors de fouilles à l'entrée des stades, d' exposition directe au soleil dans les tribunes et de l'interdiction éventuelle d'apporter des bouteilles.

Les recommandations de protection individuelle associent le port de vêtements clairs et amples, de casquette ou de chapeau, avec une bonne hydratation et l'utilisation d'une crème solaire. Les interventions de santé publique reposent sur une information large des populations sur les risques encourus et les moyens de s'en prémunir, ainsi que la mise à disposition d'eau aux abords des stades.

Les stades seront équipés de "points tièdes" dans lesquels seront stockés des quantités importantes de boissons. Les cas les plus légers de coups de chaleur y seront traités.

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Par Guillaume Mercier - Publié dans : Législation
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